ECLLA - 2026 - avril - Colloque Les données du dessin

ECLLA - 2026 - avril - Colloque Les données du dessin. Transfert, transposition, transcription

Amphithéâtre - École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne 1, rue Buisson 42000 Saint-Étienne

Colloque international co-organisé par Anne Favier - Laboratoire ECLLA de l’Université Jean Monnet Saint-Étienne et Rémy Jacquier - Unité de Recherche Architectures & Transformations de l’ENSASE, en partenariat avec la HEAD – Haute école d’art et de design de Genève et L’Assaut de la Menuiserie.

Présentation


Entrée libre dans la limite des places disponibles

Dans un monde marqué par la saturation visuelle et informationnelle, dominé par les logiques de gestion et de traitement des données, comment penser aujourd’hui cet invariant anthropologique qu’est la pratique du dessin ?

Dans le cadre de ce colloque international, associé à deux expositions collectives, il s’agira d’abord de considérer le dessin comme un processus d’activations multiples. Pratique ancestrale, mise en œuvre avec des moyens modestes mais inscrite dans des durées de réalisation parfois étirées, le dessin, à travers des gestes variés de réécriture — voire des protocoles d’effacement — peut permettre de transposer des données/sources préalables.

Ces processus de transposition relèvent alors de retranscriptions, de transferts ou de traductions critiques, voire de transductions (si l’on revient à l’origine du terme « traduction » qui souligne l’écart à l’œuvre dans toute pratique de transcription).

Entre copies, relevés, systèmes de notation ou de codage, entre visible et invisible, lisible et illisible, ces mécanismes s’apparentent à des formes d’écritures manuelles au second degré. Par déplacements graphiques et reconfigurations visuelles, ils ouvrent de nouvelles manières de voir, de lire, d’interpréter, de penser et de représenter un monde de plus en plus automatiquement encodé.

En questionnant l’économie esthétique dans un en-deçà ou un au-delà de l’image, le dessin apparaît, loin d’être réductible à une simple technique, comme un geste critique de transformation susceptible d’interroger les productions de signes, leurs temporalités, leurs modes de circulation et leurs mutations.

Ce colloque propose ainsi d’envisager le dessin non plus comme la représentation figée d’un sujet ou d’un projet, mais comme trajet, comme système ouvert de réécriture, en résonance avec la notion de « scription » telle que pensée par Sally Bonn.

À travers les notions de transfert, de transposition et de transcription, la manifestation mettra en lumière les mécanismes de déplacement et les protocoles de reprise dans les pratiques contemporaines du dessin : activations multiples par transferts de sources iconographiques elles-mêmes redessinées
(Didier Rittener et son archive graphique Libre de droits, les images de presse « repassées » par Fabienne Ballandras, les dessins délégués de Rirkrit Tiravanija) ; reprises de banques de données agencées et reconfigurées (les combinaisons d’images et de documents textuels dans les dessins au fusain
d’Alain Huck, les conférences-performances dessinées d’Éric Valette) ; mises en récit croisant enquêtes, archives, sources scientifiques et représentations spatiales (Anna Buno, Lise Terdjman, Bernard Tschumi) ; parcours visuels et données scientifiques transposés en dessin (les diagrammes protocolaires de Pierre Bismuth, Julien Prévieux, les laboratoires graphiques de Jérémy Segard) ; transcriptions gestuelles ou sonores sur le mode de la partition (Violaine Lochu, Rémy Jacquier, Atsunobu Kohira) ; ou encore réécritures et translittérations de matériaux textuels (Nicolas Aiello, Irma Blank, Mirtha Dermisache, Leïla Brett, Marianne Mispelaëre).

Les artistes activent ainsi des protocoles graphiques à partir de sources hétérogènes — « bases de données » matérielles ou immatérielles, images d’archives, iconographies médiatiques, relevés textuels et linguistiques, données scientifiques, sonores, spatiales ou architecturales — qu’il s’agit de faire travailler, de reprendre en main et de reconsidérer par le geste scripteur.

Le dessin envisagé comme processus dynamique et néoténique se fait ainsi médium du passage et de la transmutation : d’un état à un autre, d’un support à un autre, d’une forme à une autre, d’une écriture à une autre. « Comment cet intermédiaire conceptuel et formel fait-il oeuvre ? », se demande encore l’artistechercheuse Farah Khelil.

À travers ses multiples acceptions, nous étudierons comment et selon quels enjeux sémantiques et épistémologiques le dessin contemporain met en oeuvre et donne à voir des mécanismes de transposition et de transduction — cette dernière désignant moins une transmission qu’un changement d’état ou de milieu.

Comité Scientifique du colloque
Jean-Luc Bayard Auteur, directeur de la recherche, École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne, membre associé des Universités de Lyon.
Sally Bonn Critique d’art, commissaire d’exposition, maîtresse de conférences en esthétique, Université de Picardie, membre du laboratoire CRAE, critique d’art et commissaire d’exposition
Sabine Bouckaert Artiste, maîtresse de conférences en arts plastiques, Université Paris 8, membre du laboratoire AIAC.
Martine Dancer-Mourès Historienne de l’art, commissaire d’exposition, conservateur en chef honoraire.
Anne Favier Critique d’art, commissaire d’exposition, maîtresse de conférences en sciences de l’art, Université de Saint-Étienne, membre du laboratoire ECLLA
Vincent Gobber Critique d’art, commissaire d’exposition, directeur du lieu d’art contemporain L’Assaut de la Menuiserie, Saint-Étienne
Didier Rittener Artiste, Professeur en arts visuels, HEAD – Genève
Julie Enckell-Julliard Historienne et critique d’art, commissaire d’exposition, conservatrice d’art contemporain spécialisée dans les arts graphiques, responsable du développement culturel, HEAD – Genève
Rémy Jacquier Artiste, maître de conférences, École nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne,
membre de l’Unité de Recherche Architectures & Transformations
Rodolphe Olcèse Commissaire d’exposition, maître de conférences HDR en esthétique, Université de Saint-Étienne, membre du laboratoire ECLLA
Alexandre Quoi Historien de l’art, commissaire d’exposition, responsable de la programmation scientifique au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, coordinateur du Prix des partenaires dédié au dessin contemporain.
Laurence Schmidlin Historienne de l’art, conservatrice de musée, spécialiste du dessin et de l’estampe,
directrice du Musée d’art du Valais

Comité d’organisation : Anne favier, Rémy Jacquier

PROGRAMME

Contacts

Anne Favier
anne.favier @ univ-st-etienne.fr

Rémy Jacquier
remy.jacquier @ st-etienne.archi.fr