ECLLA - 2025 - octobre - Journée d'étude Pour une histoire de la voix enregistrée dans les arts XX-XXI ème Siècle

ECLLA - Journée d'étude "Pour une histoire de la voix enregistrée dans les arts XX-XXI ème siècle"

- 09H30 à 17H15

MSH de Lyon 

organisé par Fabrice FLAHUTEZ, et Maël FORLINI en partenariat avec la MSH Lyon



Si l’emploi d’enregistrements vocaux dans les arts date du début du XXe siècle, il s’agissait d’une pratique encore très confidentielle dont on peut citer, entre autres, les poèmes enregistrés de Guillaume Apollinaire ou encore les voix diffusées par un phonographe lors de l’Exposition Internationale du Surréalisme de Paris en 1938. Cette pratique s’est répandue dès les années 1950 avec les possibilités offertes par les dictaphones et magnétophones devenus moins coûteux. On pense notamment aux Enregistrements magnétiques de Guy Debord et aux pratiques de compositeurs, musiciens et de poètes sonores en Europe comme aux États-Unis. Aujourd’hui, son usage se retrouve dans différents champs artistiques, comme la musique concrète ou électronique, le théâtre et la danse contemporaine, les littératures électroniques et numériques ou encore les arts plastiques et interrogent notamment le rôle de la technologie dans notre relation à la voix humaine.
La voix enregistrée peut être utilisée et présentée seule ou associée à des éléments visuels, comme dans le cas du cinéma et de la vidéo.
La voix enregistrée incarne une présence et une subjectivité uniques qui traverse l’espace dans laquelle elle se propage et se déploie. Selon les projets, les artistes peuvent procéder à des enregistrements inédits ou travailler à partir d’archives sonores et vocales. A la fois manifestation de l’intime et véhicule du langage, la voix enregistrée offre un terrain fertile pour les artistes contemporains afin d’explorer les frontières de la mémoire, de l’identité ou même encore de la corporéité. Permettant de jouer avec des perceptions de genre, d’appartenance et de subjectivité, la voix enregistrée est polymorphe. Enregistrée et donc détachée de son corps d’origine, la voix peut devenir un objet artistique en soi, un instrument de narration, de politique, d’émotion ou encore d’abstraction.
La voix enregistrée, dans des compositions expérimentales, peut devenir un matériau sonore abstrait fait de vibrations et de textures. En ce sens, elle peut être matière brute, décomposée, réarrangée et explorée pour son potentiel purement sonore.
Cette première journée d’étude vise, à partir d’approches pluridisciplinaires, à faire un état des lieux des pratiques recourant à l’enregistrement vocal (collecte, modifications et altérations de voix). L’accent pourra également être mis sur la création et la diffusion de voix de synthèse dans le champ des arts contemporains.

La journée d’étude « Pour une histoire de la voix enregistrée dans les arts XX-XXIe siècle » se propose d’investiguer plusieurs pistes de réflexion dans un champ somme toute assez nouveau. En quoi une voix enregistrée se distingue-t-elle d’une voix émise directement et sans médiation ? Lors de sa diffusion, quelles relations entretient-elle avec son nouvel environnement ? Quels sont alors les impacts sur les modalités d’écoute et de réception ? Comment appréhender le fait que la voix enregistrée se matérialise comme une sorte de présence spectrale et, parce qu’elle est désincarnée, entame un dialogue singulier avec son auditoire ? L’enregistrement vocal abolit la nécessité de la présence physique, permettant des expériences artistiques où la voix devient un matériau malléable. Cette « dématérialisation » interroge-t-elle la frontière entre le corps et la machine ? Engage-t-elle une réflexion sur la corporéité et la présence virtuelle ? Comment la création contemporaine utilise-t-elle la diversité des possibilités d’enregistrement de la voix pour faire œuvre ?

Voici le programme de la journée d'étude:

Contacts

Fabrice FLAHUTEZ
fabrice.flahutez @ univ-st-etienne.fr

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