ECLLA - 2025 - décembre - Séminaire – "Le travail du reste"

Séminaire – "Le travail du reste"

- de 16H30 à 18H30

Salle A119 - Bâtiment A - Site Denis Papin

Séminaire conjointement porté par ECLLA et Flora Valadié, maîtresse de conférences en littérature américaine, de l'équipe Transferts Culturels, appartenant au laboratoire Identités culturelles, textes et théâtralité (ICTT), une unité propre de recherche (UPR 4277), d’Avignon Université.

2ème séance - jeudi 04 décembre 2025 de 16h30 à 18h30, salle A119, site Denis Papin :

-
Justyna Budzik : Spécialiste de la photographie, du cinéma et des arts visuels contemporains, Justyna Budzik inscrit ses recherches dans une approche culturelle et interdisciplinaire. Son habilitation, intitulée Le cinéma et la photographie polonais du XXIème siècle sur le fond de la culture visuelle. Spectres, ombres de l'anthropocène et bannières (2023) propose une réflexion approfondie sur la manière dont les images façonnent notre perception du monde, en explorant leurs dimensions posthumanistes, écologiques et culturelles. Son expérience internationale est particulièrement riche. Lauréate du Fulbright Slavic Award, elle a enseigné à l’Université de Washington (États-Unis), au sein du prestigieux Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et à la Sorbonne (France), ainsi qu’à l’Université d’Alberta (Canada), à Stockholm, Kaunas ou encore au Brésil et en Argentine. Parallèlement à son activité de recherche, elle s’est engagée dans l’enseignement du polonais langue étrangère, renforçant ainsi ses compétences interculturelles et pédagogiques.

Titre de l'intervention : Photographier ce qui reste : les images des lieux de passage 

Les photographes polonais contemporains travaillent beaucoup sur les terrains de passage, notamment sur les territoires délaissés ou dans les régions frontalières. En 2021, l'artiste photographe Krzysztof Szlapa a créé un album électronique unique dans sa pratique créative, intitulé Przemiany (Transformations), composé de quarante diptyques photographiques en couleur et de sept photographies individuelles accompagnées d'essais de Jerzy Orawski. Dans mon intervention, je décrirai ce projet par rapport aux autres séries photographiques, axées sur les vestiges et les traces du passé. Je définirai un cadre d'interprétation posthumaniste de l'album et je réfléchirai à l'effet de la métaphore au niveau des diptyques et de l'ensemble de la publication.

Olivier Glain : Professeur de linguistique anglaise à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, au sein du laboratoire ECLLA. Agrégé d’anglais, il consacre ses travaux à l’étude de la langue orale (anglais, mais aussi français), de ses variations et de ses représentations sociales. Ses recherches s’inscrivent à l’intersection de la phonétique, de la phonologie, de la sociolinguistique (contemporaine et historique) et de la didactique de l’anglais oral. Il travaille notamment sur la variation et le changement linguistiques, les idéologies langagières et les enjeux identitaires liés aux accents. Il étudie également les processus d’apprentissage incarné de la prononciation en contexte éducatif. Parallèlement, il mène un travail de vulgarisation sur les variétés régionales du français, en particulier le français régional stéphanois (« gaga »), auquel il consacre plusieurs chroniques, analyses et ouvrages.

Titre de l'intervention : Gaga d’hier, gaga d’avant-hier : qu’en reste-t-il ?

L’appellation gaga renvoie à deux réalités linguistiques distinctes. Dans un premier temps, elle désignait une variété de francoprovençal employée dans la région stéphanoise. Cette forme ancienne du gaga a presque entièrement disparu lorsque les habitants se sont progressivement tournés vers le français. Par la suite, le terme a servi à nommer la variété de français régional parlée à Saint-Étienne. Celle-ci s’est peu à peu estompée sous l’effet de la diffusion du français standard. Pourtant, le gaga connaît aujourd’hui un regain d’intérêt manifeste.
Qu’en subsiste-t-il dans les pratiques linguistiques quotidiennes de la région ? Et qu’en reste-t-il dans l’espace public stéphanois ?
Cette présentation rapportera les résultats de plusieurs enquêtes menées depuis 2016 dans le but de répondre à ces questions et de déterminer la façon dont le gaga est perçu aujourd’hui, en lien avec les représentations, voire les idéologies linguistiques des informateurs. Enfin, on s’intéressera à la façon dont le gaga est (ré)investi dans l’espace public, ce qui contribue à développer un processus d’indexation de la variété que l’on pourrait qualifier de « mise en registre » (enregisterment, au sens de Agha 2007).

Contacts

Sophie CHAPUIS
sophie.chapuis @ univ-st-etienne.fr