ECLLA - 2023 - séminaire Hantologie - Zombies - 1er juin 2023

ECLLA - 2023 - séminaire HANTOLOGIEARCHITECTURE/Zombies

- 14 heures

ENSASE - Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Saint-Etienne - Atelier 404

Projet de recherche-création, articulant expositions, séminaires et publications porté par Pierre-Albert Perrillat (Professeur, Théories et Pratiques de la Conception Architecturale et Urbaine, TPCAU), Rémy Jacquier et Patrick Condouret (Maîtres de conférences, Arts et Techniques de la Représentation – Arts Plastiques et Visuels, ATR-APV).

Cinq séminaires sont proposés, auxquels sont invités aussi bien des artistes, des architectes récemment diplômés que des enseignants de diverses disciplines de l’UJM, l’ENSASE et l’ESADSE.

 

 séminaire 5

Zombies

Invités : Karim Ghaddab, critique d’art, enseignant ESADSE / Sébastien Martinez-Barrat, architecte, maître de conférences associé ENSASE

Walk with a zombie
Trouvant ses origines dans la culture haïtienne, le zombie identifie l’état cataleptique d’un être humain victime de sortilège ; frappé de mort cérébrale, l’individu est ramené à une vie amorphe ; ce mort-vivant dépourvu de conscience est ainsi entièrement soumis à un pouvoir surnaturel. Aujourd’hui l’emploi du terme zombie dans la culture populaire s’éloigne de cette conception anthropologique pour renvoyer aujourd’hui à l’une des figures normatives du cinéma d’horreur ; zombie recouvre l’ensemble des variations macabres sur le thème du mort-vivant, déjà présent dans nombreux folklores européens et récits fantastiques du Moyen-Âge à la Renaissance. C’est avec le cinéaste George A. Romero, dans le premier volet de la saga des zombies, La nuit des morts-vivants que s’invite une conception plus abstraite d’un zombie (Night of the living dead, 1968), comme pur motif récurrent et codifié de la pop culture : un corps en décomposition, où les organes se dissolvent jusqu’à se détacher, se déplaçant dans cette démarche hésitante et peu
assurée caractéristique.
La lenteur et la difficulté à se déplacer, la décomposition du corps qui mène jusqu’à une fragmentation des membres, l’imprécision de gestes réduits à n’être que les vestiges d’une conscience perdue,... deviennent-elles les figures hallucinantes d’une contre-histoire de nos corps et de son rapport à l’espace moderne ? G. Deleuze et F. Guattari, quatre ans après La Nuit des mortsvivants, évoquaient déjà dans L’Anti-OEdipe l’émergence de ce corps dans une société « où les codes sont défaits, l’instinct de mort s’empare de l’appareil répressif, et se met à diriger la circulation de la libido. Axiomatique mortuaire. On peut croire alors à des désirs libérés, mais qui, comme des cadavres, se nourrissent d’images. On ne désire pas la mort, mais ce qu’on désire est mort, déjà mort : des images ». (1)

Dans ces zones floues et incertaines entre états de vie, de mort et de non-mort, certaines architectures contemporaines ne mobiliseraient-elles pas de semblables dispositifs ?

1 - Gilles DELEUZE & Félix GUATTARI, Capitalisme et schizophrénie. L’Anti-OEdipe, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972 p. 404

 

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Contacts

Pierre-Albert PERRILLAT
pierre-albert.perrillat @ st-etienne.archi.fr

Laure BUISSON
laure.buisson @ st-etienne.archi.fr

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